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Hommages

Georges Mailhos

 

Georges Mailhos, professeur émérite de Littérature française du XVIIIe siècle à l’Université de Toulouse – Le Mirail, est décédé le 12 janvier 2016. Né dans une famille de la région toulousaine en 1932, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé des Lettres, il avait enseigné quelques années au Lycée Pierre de Fermat, à Toulouse, avant de devenir en 1963 assistant à la Faculté des Lettres. Maître-assistant en 1967, il avait soutenu en 1973 une thèse de doctorat sur Voltaire témoin de son temps (publiée en 1983 chez Peter Lang). Titulaire de la chaire de littérature française du XVIIIe siècle de cette date à sa retraite en 1997, il avait consacré une grande partie de son activité à l’administration universitaire, comme chargé de mission auprès des ministres Alain Savary et Lionel Jospin (pour le plan Université 2000) et surtout en tant que président de l’Université de Toulouse-Le Mirail, pour deux mandats (1980-1986 et 1991-1996), pendant lesquels il avait notamment travaillé à doter l’établissement de structures modernes de recherche et lancé d’importants chantiers de construction.

Dix-huitiémiste de formation et d’esprit, Georges Mailhos avait collaboré avec Jean-Marie Goulemot et Michel Launay à un beau petit livre d’initiation au Siècle des Lumières (Seuil, 1968) et, avec Michel Launay, Claude Cristin et Jean Sgard, à un manuel fréquemment réimprimé d’Introduction à la vie littéraire du XVIIIe siècle (Bordas, 1973). Il avait aussi donné une préface à l’Histoire de Charles XII (GF-Flammarion, 1968). Mais c’était avant tout un professeur éclectique, qui avait dirigé à Toulouse de très nombreux travaux sur la littérature et le cinéma du XXe siècle. La diversité de ses intérêts se perçoit dans le nombre important de contributions variées réunies dans le recueil de Mélanges que lui ont offert ses élèves et ses collègues en 1999 (L’Esprit et les Lettres, Presses Universitaires du Mirail).

Grand humaniste de tradition républicaine et socialiste, Georges Mailhos avait présidé le Cercle Condorcet au sein de la Fédération des œuvres laïques et participé à la création de la Société des Amis de Jean Jaurès. Il avait contribué encore récemment à l’édition des articles donnés par Clémenceau et Jaurès à la Dépêche du Midi. Membre de l’Académie des Jeux floraux depuis 2002, il en était devenu secrétaire perpétuel et poursuivait toujours inlassablement, avant d’être frappé par la maladie, une intense activité de conférencier, aussi à l’aise pour parler de René Char ou de Céline que de Voltaire.

 

Jean-Noël Pascal

 

Robert Favre

 

            Robert Favre est mort le 30 avril 2010 après une longue et douloureuse maladie. Jusqu’à sa mort, il avait gardé toute sa lucidité, et malgré une immense fatigue, toute son attention à ses proches, à ses amis, à la vie, à la mort. L’image persistante de Robert F., c’est sans doute cette attention bienveillante, et sa lucidité teintée d’humour. C’était sa façon d’être au monde, entièrement tournée vers les autres. Il était né dans une famille lyonnaise, établie au plein coeur de la ville ; et on ne peut séparer son image de ces lieux qu’il aimait tant : la place de la Croix Paquet, au pied de la Croix-rousse, le quai de la Pêcherie au bord de Saône, et puis ces lycées où il a fait ses études : Ampère sur la rive droite du Rhône, et le Parc sur la rive gauche, où il a pris les leçons de V.H. Debidour : de ce maître admiré, grand helléniste, esprit exigeant et grand chrétien, il parlait souvent. C’est dans cette classe  de khâgne du Parc sans doute, que s’est définie sa vocation intellectuelle. Entré premier à l’E.N.S. en 1947, il en est sorti agrégé en 1951 . Il fut nommé à Alger ; Colette, sa première épouse, avait coutume de dire que ce ciel éternellement bleu les lassait parfois, et qu’ils avaient connu la nostalgie des brumes lyonnaises. Il retrouva Lyon en 1956, pour entrer ensuite à l’Université. Au lycée Gautier d’Alger, il était devenu un remarquable enseignant. Ses élèves, devenus à leur tour des maîtres, parlent encore de sa culture, de sa pondération, de ses amicales moqueries, de cette élégance intellectuelle qui était la sienne. Nous nous sommes connus en 1964 : cela fait quarante-cinq ans d’amitié, de confiance réciproque, de complicité. Il préparait alors sa thèse sous la direction de Robert Mauzi, qui laissait toute latitude à ses assistants ; nous avons ainsi piloté des mémoires de licence, animé quelques recherches sur la presse, et rêvé toutes sortes de projets : l’époque y prêtait. Au lendemain de 1968, je me suis retrouvé à Grenoble. Et tandis qu’il achevait sa thèse, ses amis lyonnais et grenoblois mettaient en place les deux équipes de presse qui n’ont plus cessé de collaborer. Robert et moi avions, à l’intérieur de cette alliance nos préférences communes : il était vivement intéressé par Prévost (« Sur un regret de l’abbé Prévost », DHS, 5, 1973) ; il m’a attiré du côté des Mémoires de Trévoux, et nous avons participé l’un et l’autre à un numéro spécial de DHS sur les jésuites (1976) ; puis nous avons ensemble établi le texte du Monde moral  de Prévost, durant un long et bel été dans le Jura ; et les notes, qui prirent tout l’hiver suivant m’ont laissé le souvenir de discussions passionnées, à distance. Cependant que l’équipe lyonnaise, entraînée par Pierre Rétat, lançait une recherche hardie sur les gazettes, Robert me prêtait son aide pour le Dictionnaire des journaux  et le Dictionnaire des journalistes (11 notices de journaux sont de lui, et 22 notices de journalistes). La Mort au siècle des Lumières avait fait de lui, en 1973, un dix-huitiémiste remarqué. Son travail, comme celui de Robert Mauzi sur L’Idée du bonheur au XVIIIe siècle, donnait au siècle des Lumières toute sa densité et ses contradictions ; mais il faisait sentir entre les philosophes et les chrétiens des problèmes communs  ; et il étayait sa recherche sur d’innombrables enquêtes (sur la médecine, sur la presse, sur le fait divers, sur les sermons) et c’est ce qui fait la remarquable richesse de sa recherche, à l’intersection de l’histoire des idées et de l’histoire des mentalités : « à la marge » disait-il, mais au plein coeur des choses. La masse d’informations réunies dans ce livre si beau, on la retrouve dans maint article sur la mort ou l’obsession du temps chez Marivaux, chez Diderot, mais aussi dans les recueils de colportage (La Fin dernière, aux P.U.L. en 1984). Peut-être a-t-il souhaité parfois se soustraire à l’emprise de cette obsédante réflexion. Son livre sur le rire (Le Rire dans tous ses éclats, P.U.L., 1998) le suggère ; mais le lecteur y trouvera aussitôt l’immense culture littéraire de Robert Favre, et son ouverture d’esprit ; la littérature comique avait la vertu de consolation, mais aussi les vertus d’humilité, d’irrespect, de liberté qui lui donnaient toute sa profondeur. Qui voudra découvrir l’étendue de la réflexion de Robert Favre se tournera vers le livre d’hommage que lui ont offert ses collègues en 1999 (La Mort, le temps, la poésie, aux P.U.L., préface de P. Michel). Quant à nous, dix-huitiémistes de la SFEDS, nous nous rappellerons que pendant près de vingt ans, il fut membre de notre C.A., qu’il y fit valoir ses avis, ses conseils pleins de raison ; qu’il contribua à faire connaître notre société dans les lycées, ou à l’Académie de Lyon ; que sous ce sourire bienveillant et cette sérénité affichée, il y avait une intense attention, et le désir de tout comprendre. Ces derniers temps, il avait noté  dans « Pourquoi ont-ils écrit? » ce mot de René Char : « Tu es pressé d’écrire comme si tu étais en retard sur la vie ».

 

 

Jean Sgard


Brève histoire de la SFEDS

Par Jean Sgard


Chronologie

 

Juillet 1963, premier congrès international XVIIIe siècle à Coppet. Discussion des deux avant-projets de société française d’étude du XVIIIe siècle (par Y. Belaval et J. Fabre) ; en séance de clôture à Genève, le 12 juillet, création d’une commission et adoption du principe de fédération des futures sociétés nationales.

 

Fin 1963 ( ?), dépôt des statuts de la SFEDS par J. Fabre, J. Guéhenno, J.L. Lecercle, R. Pomeau, P. Vernière, membres fondateurs (date à vérifier).

 

Janvier 1964 ( ?), circulaire « Pomeau », adressée aux équipes et aux « thésards » dix-huitiémistes. 99 réponses dont 80 adhésions (en novembre).

 

Juin 1964, consultation des chercheurs et enseignants sur l’organisation de la Société, à l’invitation d’ Y. Belaval, A. Dupront, J. Fabre, R. Pomeau, à l’Institut de Littérature française de la Sorbonne ; une centaine de présents, dont les représentants des centres et équipes d’Aix (H. Coulet), Bordeaux (M. Regaldo) , Clermont (J. Ehrard), Grenoble (J. Sgard), Lille, Montpellier (J. Proust).

 

14 novembre 1964, réunion constitutive et bureau provisoire, présidé par J. Guéhenno, avec P. Vernière, secrétaire général et J.L Lecercle trésorier.

 

22 octobre 1966, J. Fabre est élu président en remplacement de J. Guéhenno, qui devient président d’honneur. La SFEDS compte alors 100 adhérents.

 

Mai 1968, profonds remous à l’intérieur de la Société, réunion des chercheurs au lycée Louis-le Grand, présidée par J. Fabre.

 

En 1969, le premier Annuaire, publié sous la dir. de R. Desné, recense 820 chercheurs « dix-huitiémistes ». En janvier 1972, il en comptera 900 et en janvier 1980, 1100. En décembre 1969, premier numéro de Dix-Huitième siècle, revue annuelle, secrétaires R. Desné et P. Vernière ; J. Guéhenno est président d’honneur, J. Fabre président, P. Vernière secrétaire, J.L. Lecercle trésorier. Pas de membres d’honneur.

 

En janvier 1971, J. Fabre est réélu président, P. Vernière est élu vice-président et J. Ehrard secrétaire-général. J.L. Lecercle est réélu trésorier. La Société publie un Bulletin, imprimé à Riom.

 

En août 1975, mort de Jean Fabre ; un hommage est consacré dans le n° 8 de DHS en 1976 au « fondateur » (rédigé par Y. Belaval) ; il est nommé président d’honneur, à titre posthume, conjointement avec J. Guéhenno. En 1981 (n°12), la revue fait état de trois présidents d’honneur dont deux décédés (Guéhenno, Fabre) et Y. Belaval. Sont également mentionnés quatre membres d’honneur : P. Burgelin, S. Delorme, H. Gouhier et Madeleine Fabre.

 

En 1991, naissance de la collection « Lire le XVIIIe siècle », dirigée et composée par H. Duranton.


Liste des présidents, trésoriers, secrétaires
Année, Présidents, Secrétaires, Trésoriers


1964 J. GUÉHENNO P. VERNIÈRE J.L. LECERCLE
1966 J. FABRE P. VERNIÈRE J.L. LECERCLE
1971 J. FABRE J.EHRARD J.L. LECERCLE
1975 Y.BELAVAL J.EHRARD J. ROUSSEL
1979 Y.BELAVAL J.SGARD J. ROUSSEL
1980 J.EHRARD J.SGARD J. ROUSSEL
1982 J.EHRARD J.SGARD A.M. CHOUILLET
1986 J.SGARD P. RÉTAT H. DURANTON
1988 J.SGARD P. RÉTAT H. DURANTON
1991 P. RÉTAT J. MONDOT R.GRANDEROUTE
1995 P. RÉTAT C.LAURIOL  R.GRANDEROUTE
1997 J. MONDOT C.LAURIOL  G. STENGER
2001 J. MONDOT L. ANDRIES G. STENGER
2003 M. DELON L. ANDRIES F. BESSIRE
2005 M. DELON C. SETH  F. BESSIRE
2007 M. DELON C. SETH  C. RÉTAT
2009 J. BERCHTOLD C. SETH C. RÉTAT

2011 J. BERCHTOLD C. SETH Hélène CUSSAC

2013 J. BERCHTOLD Christian Del VENTO Hélène CUSSAC


Responsables du bulletin

1964
1966 J.EHRARD
1971 M.GILOT
1975 Ch. PORSET
1979 Ch. PORSET
1980 Ch. PORSET
1982 Ch. PORSET
1986 L. PEROL
1988 L. PEROL
1991 L. PEROL
1995 L. PEROL / E.FLAMARION
1997 E.FLAMARION
2001 P. KOEPEL Webmaistres

2003 C. DUFLO A.-M. MERCIER
2005 C. DUFLO A.-M. MERCIER
2007 C. DUFLO A.-M. MERCIER Responsables de la lettre électronique
2009 C. DUFLO A.-M. MERCIER J.-C. ABRAMOVICI

2011 C. DUFLO Samuel BAUDRY J.-C. ABRAMOVICI

2013 Christophe MARTIN Samuel BAUDRY J.-C. ABRAMOVICI


Liste des membres d'honneurs

 

En 1981 : †P. BURGELIN, †S. DELORME, †H. GOUHIER, M. FABRE
En 1986 : A.M. CHOUILLET
En 1988 : J. EHRARD
En 1995 : J. SGARD
En 1997 : †P. VERNIÈRE
En 1999 : P. RÉTAT
En 2003 : †M. BARIDON, J. BART, R. GRANDEROUTE
En 2007 : C. MERVAUD
En 2009 : J. BART, †M. BARIDON, A.M. CHOUILLET, †S. DELORME, J.EHRARD, M. FABRE, R. GRANDEROUTE, C. MERVAUD, P. RÉTAT, J.SGARD


Liste des vice-président(e)s

 

En 1969 : Y. BELAVAL, A. DUPRONT, J. PIVETEAU, R. POMEAU…
En 1971 : P. VERNIÈRE
En 1973 : F.G. PARISET
En 1975 : P. BURGELIN
En 1977 : F. SOUCHAL, L. TRÉNARD
En 1979 : S. DELORME
En 1981 : D. ROCHE, J. ROGER
En 1984 : M. BARIDON
En 1985 : S. BALAYÉ, D. LIGOU
En 1989 : P. RÉTAT
En 1991 : J. BART, J. CHOUILLET
En 1995 : H. DURANTON, C. MERVAUD
En 1997 : C. LARRÈRE, C. MICHAUD
En 1999 : C. ROLLAND
En 2001 : R. DESNÉ
En 2003 : C. LAURIOL
En 2005 : J.C. BONNET, A.-M. MERCIER-FAIVRE, M. PORRET
En 2007 : F. BESSIRE
En 2009 : N. JACQUES-LEFÈVRE, I. PASSERON

En 2013: Colas DUFLO, Nicole JACQUES-LEFEVRE, Catriona SETH


Les congrés internationaux

 

1963, Coppet
1967, St Andrews
1971, Nancy
1975, Yale
1979, Pise
1983, Bruxelles
1987, Budapest
1991, Bristol
1995, Munster
1999, Dublin
2003, Los Angeles
2007, Montpellier

2011, Graz

2015, Rotterdam


Bibliographie

Registres des Assemblées générales de la SFEDS et des réunions du C.A.
Voir dans DHS les hommages à J. Fabre (n° 8), T. Besterman (n°10), J. Guéhenno (n° 11), Y. Belaval (n° 21), J. Chouillet (n°22).
J. Sgard, « Comment peut-on être dix-huitiémiste ? », dans Oeuvres et critiques, Toronto, 1994, XIX,1.
M. Delon et J. Schlobach éd., La Recherche dix-huitiémiste, Table ronde du Congrès international de Münster, 1995, Paris, Champion, 1998.
S. Karp dir., Être dix-huitiémiste, « Témoignages recueillis par Sergueï Karp », C18, Ferney-Voltaire, 2003. Tome 2, sous la dir. de Carole Blum, 2007.


Brève histoire du site

 

Un premier site, hébergé à l’Université de Montpellier a été élaboré en 1997 ? par Claude Lauriol, secrétaire de la SFEDS.
A l’initiative de Lise Andries, secrétaire de la SFEDS, le site a été totalement refait en 2002 par Laetitia Darras (graphiste) et Stéphanie Alibert (informaticienne), en collaboration avec Pascale Ferrand et A.M. Mercier. Il est hébergé sur le site de l’Institut des sciences de l’homme de Lyon.

Sur le même serveur sont hébergés les sites :

Gazettes 18e siècle (http://gazettes18e.ish-lyon.cnrs.fr/ webmaistres : Anne-Marie Mercier et Pascale Ferrand)
Société des études Voltairiennes (http://voltaire.lire.ish-lyon.cnrs.fr/index.html webmaistre : Olivier Ferret)
Société Rousseau d’Amérique du Nord (http://www.rousseauassociation.org/webmaistre  Michael O’Dea)
Société des études Saint-Simoniennes